Phénoménologie et empirisme s'excluent-ils mutuellement ?

Réflexions à partir des Lignes de rupture de l'expérience de Bernhard Waldenfels

Marc Rölli

pp. 109-123

La phénoménologie de Husserl entretient un double rapport à la tradition empiriste. D’un côté elle se positionne fondamentalement contre l’atomisme sensible et contre le scepticisme, lorsqu’elle se distingue du concept « relativiste » de science chez Hume. D’autre part, elle voit dans le phénoménalisme empiriste une façon quasi phénoménologique de se rapprocher des choses elles-mêmes. Le présent article entreprend de déterminer le rapport qui existe entre les deux positions philosophiques, en s’appuyant sur la caractérisation par Waldenfels de la phénoménologie comme « empirisme radical ». Sa radicalité consiste en ce qu’elle élargit le concept d’expérience sur la base de réflexions sur la philosophie du temps (Derrida, Levinas) – et ce faisant, elle présente des points d’accord avec des continuateurs de la théorie empiriste, par exemple William James. Mais elle ne se confond pas avec l’empirisme. Car tandis que la phénoménologie s’oriente selon le modèle de l’intentionnalité, la construction de la théorie empiriste reste soumise à l’idée d’immanence.

Publication details

DOI: 10.4000/rgi.1128

Full citation [Harvard style]:

Rölli, M. (2011). Phénoménologie et empirisme s'excluent-ils mutuellement ?: Réflexions à partir des Lignes de rupture de l'expérience de Bernhard Waldenfels. Revue germanique internationale 13, pp. 109-123.

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